
PARTAGE D'EXPÉRIENCES
De l'art à l'école depuis la maison
– rester en lien avec les élèves et poursuivre une forme de collaboration à distance, si leur âge le permet
– envisager d’autres choses, une trace écrite, sonore, filmée… adressée aux enfants, à ékla, ou…, selon vos idées, vos envies, votre inspiration. Nous vous faisons entièrement confiance !
ékla se veut le relais de ces traces et expériences 2.0. Vous pourrez ainsi retrouver ici tout ce qui aura été partagé avec l’équipe (via mail à Morgane). Faisons de cet espace une source d’inspiration et un outil pour rester en lien !
Il est évidemment en cours de construction… On essaiera de l’améliorer au jour le jour !
René Bizac // Éclats de textes #1
René Bizac nous explique…
« Je voulais rendre hommage à votre travail, à vos textes, au chemin parcouru.
Je suis allé au bout du « montage », dont nous avions exploré les prémices lors du dernier atelier.
Voici deux « éclats de textes ». J’ai essayé dans cet « assemblage choral » de retirer la substance de chacun de vos textes, telle que je l’ai perçue. Ce n’est donc que ma perception, forcément subjective. L’idée n’était pas de reprendre vos textes dans leur intégralité, ce qui aurait été matériellement impossible, mais de mettre en jeu leur essence, de les faire jouer ensemble… Comme vous le verrez, il n’y a aucune recherche de réalisme. Vous vous en souvenez peut-être, chaque personnage reste dans son histoire, les échos, les interactions avec les autres histoires sont des accidents poétiques…
Finalement, cette forme semble mettre en jeu la réalité de notre confinement, chacun dans une sorte de bulle…ouverte sur le monde.
Ces deux « éclats de textes » constituent une proposition que je vous fais. C’est une sorte d’invitation à continuer le voyage… «
Isabeau : C’est dingue comme le temps passe lentement vous ne trouvez pas?…
Antoine : Vous connaissez ce sentiment ?… Ces moments, là…
Dimitri : Je relis mon cours, je stresse…
Chloé : Lorsque mes enfants me demandent les plus beaux souvenirs de mon enfance, je réponds : ces repas du soir où chacun avait sa place. Dans nos yeux pouvait se lire l’excitation de pouvoir parler et être écouté…
Louise : Tu sais… je suis effrayée par ma vie… enfin… par la vie en général…
Julie : Un jour, sans raison, il a commencé à la frapper…
Laura : Bernie mâchait toujours du chewing-gum. Non, pas « mâchait » « claquait » !…
Rayane : Bonsoir mesdames, messieurs… les titres du journal ! La Belgique n’a toujours pas de gouvernement après 8 mois d’attente…la retraite recule encore jusqu’à 67 ans…Carrefour restructure ses magasins plus de 1000 personnes sont menacées par le chômage….
Une rivière de négatif en continu. Presqu’un océan….
Benjamin : Bonjour monsieur excusez-moi…Puis-je vous poser une question s’il vous plaît ? Auriez-vous une définition de la joie ?…
Antoine : … ces soirées d’hiver pluvieuses avec personne à qui parler…
Dimitri : … je prends l’avion, je stresse…
Julie : …elle se sentait faible et seule…elle n’arrivait pas à riposter…
Manon :« T’es conne, t’es grosse , t’as déjà vu ta tête? … »…
Laura : … je rentre un soir, très lasse, espérant trouver un peu de réconfort… Mais Bernie est dans le canapé en train de boire, de mâcher. Non pas mâcher, claquer ! Alors je lui ai dit « fais le claquer encore une fois…rien qu’une fois !» Et il l’a fait !…
Isabeau : … si seulement ce n’était qu’un rêve…
Benjamin : … Pardon madame, auriez-vous une définition de la joie ?…
Chloé : …nous étions une famille heureuse … enfin c’est ce que je croyais !! Jusqu’au jour où mes parents ont décidé de se séparer, j’avais 12 ans…
Louise : …Pourquoi elle est comme ça et pas moi ?
Pourquoi moi je suis comme ça et pas elle ?
Pourquoi est-ce qu’on me regarde ?
Je suis mal habillée ?…
Julie : …elle luttait…
Rayane : …Vous entendez quoi ? Vous entendez-quoi ?…
Manon : … « T’es conne, t’es grosse, t’as déjà vu ta tête? « …
Isabeau : … Je me promenais dans un parc…
un dimanche très ensoleillé, tout allait bien….
Julie : …elle luttait…
Antoine : …au final, qui reste-t-il quand on rentre chez nous ? Qui ?…
Dimitri : … Aujourd’hui, audition de piano, c’est mon tour…
Chloé : …les repas familiaux du soir se sont dégradés…
Julie : …elle a juste supporté en silence…
Laura : …et puis il se met à hurler :
« Tu te tapes le laitier » Il hurle ! Et il continue « Tu te tapes le laitier ! »…
Louise : …Et si la réincarnation existait ?
Si un jour je réapparaissais sous une autre forme?
Si dans cette vie-là j’étais victime de kidnapping et de viol ?…
Chloé : …pendant de nombreuses nuits, j’ai pleuré, seule dans mon lit. Pendant de nombreuses nuits, j’ai pensé : pourquoi cela doit nous arriver à moi, à mes sœurs, à notre si belle famille… ?…
Manon : … tu rentres chez toi, et c’est que tu trouves sur ta page Facebook et sur Instagram : « T’es conne, t’es grosse, t’as déjà vu ta tête? »…
Isabeau : …j’ai ressenti une douleur atroce. Mes parents m’ont alors amenée à l’hôpital…
Julie et Isabeau : Si seulement…
Dimitri : …encore deux personnes, et c’est mon tour… je marche, je tremble, je monte sur l’estrade, une marche, je trébuche…
Laura : … il continue de hurler, il me suit dans la cuisine. Et puis il fonce sur mon couteau. Il a foncé sur mon couteau dix fois. Le fumier, il l’avait bien cherché…
Benjamin : …Monsieur, oui Monsieur….s’il vous plaît… c’est quoi la joie pour vous ?…
Louise : …Ils vont penser quoi s’ils savaient que j’étais hypocondriaque ? Hypersensible ? Claustrophobe ? Agoraphobe ?…
Manon : …Sur ta page Facebook…
Antoine : … Et si je ne valais rien ?…
Dimitri : … je marche, je tremble, je monte sur l’estrade, une marche, je trébuche…
Manon : … sur Instagram
Antoine : …S’il n’y avait jamais que la pluie qui tombe du ciel?…
Dimitri : … je me relève, une autre marche, je trébuche, je me relève, je m’assoie sur mon siège…
Laura (qui rit) : … « Tu te tapes le laitier » ! Il hurlait « Tu te tapes le laitier »… (elle continue de rire)…
Benjamin : …. Monsieur, s’il vous plaît ?!…
Isabeau : …une leucémie lymphoblastique, un cancer, voilà. Tous les jours, le chemin entre la maison et l’hôpital, rien d’autre…
Isabeau et Julie : … Si seulement ce n’était qu’un rêve…
Rayane : … Là, vous entendez quoi ? Vous entendez-quoi ?!
Louise : …Ils vont penser quoi ?
Manon : … sur Instagram…
Benjamin : …Madame ?…
Dimitri : …c’est parti, je ne peux plus retourner en arrière,…
Laura (qui s’étrangle de rire) : … « Le laitier ! »… Et maintenant, avec le couteau dans son ventre…
Isabeau : …J’ai choisi la chimiothérapie pour avoir une chance de m’en sortir…
Antoine : … Qui reste t-il au final ? …
Chloé : … Lorsque mes petits-enfants me demandent aujourd’hui de leur raconter une histoire, je leur raconte celle d’une famille qui chaque soir mangeait autour d’une petite table en bois…
Antoine : … Maman ? Papa ? Louise ? Mamy ? Ca sera comment l’après ?
Ca sera comment si je…
Isabeau : …Je me réveille chaque matin, vers la même heure….
Manon (tout bas, pour elle) : T’as déjà vu ta tête ?
Julie : …Sous les coups elle se cachait…
Louise : …J’ai peur des maladies, des bactéries sur les portes, des rampes, des bics. J’ai peur de l’abandon, j’ai peur de la solitude, j’ai peur de changer, j’ai peur de me tromper, j’ai peur d’aimer et de perdre mon temps…
Antoine : … Ces pensées nous bouffent…
Dimitri :… j’abandonne…
Chloé : … une table où chacun avait sa place…
Dimitri : …je descends de l’estrade…je retourne à ma place…
Louise : … j’ai peur des araignées…. j’ai peur de manquer de courage…
Julie :…aujourd’hui…
Isabeau : …Je voudrais être au milieu de nulle part…
respirer, méditer, ne penser à rien….
Julie : …elle va mieux …
Isabeau : …sourire à la vie et être heureuse…
Julie : … aujourd’hui il y a son ange gardien…
Isabeau : …faire des bêtises, enfreindre les règles…
être une actrice, pas une spectatrice….
Julie : …aujourd’hui elle est montée au cieux…
Isabeau : …C’est tout ce que ferait une adolescente normale, non?
René Bizac // Éclats de textes #2
René Bizac nous explique…
« Je voulais rendre hommage à votre travail, à vos textes, au chemin parcouru.
Je suis allé au bout du « montage », dont nous avions exploré les prémices lors du dernier atelier.
Voici deux « éclats de textes ». J’ai essayé dans cet « assemblage choral » de retirer la substance de chacun de vos textes, telle que je l’ai perçue. Ce n’est donc que ma perception, forcément subjective. L’idée n’était pas de reprendre vos textes dans leur intégralité, ce qui aurait été matériellement impossible, mais de mettre en jeu leur essence, de les faire jouer ensemble… Comme vous le verrez, il n’y a aucune recherche de réalisme. Vous vous en souvenez peut-être, chaque personnage reste dans son histoire, les échos, les interactions avec les autres histoires sont des accidents poétiques…
Finalement, cette forme semble mettre en jeu la réalité de notre confinement, chacun dans une sorte de bulle…ouverte sur le monde.
Ces deux « éclats de textes » constituent une proposition que je vous fais. C’est une sorte d’invitation à continuer le voyage… «
Dina (rap) :
Sur l’battement j’me réveille d’un silence de traître
Ils sont passés par la grande porte, moi j’vais passer par la fenêtre
J’suis revenu pour confirmer à ceux qui se demandaient peut-être
Non le Hip-Hop n’est pas mort, j’suis là pour le faire renaître
Je suis pas meilleur qu’un autre
J’ai juste pas oublié qu’à la base le Hip-Hop c’était pas pour briller
Mais pour défendre des causes, des valeurs, mettre en prose nos malheurs
Et inspirer autre chose que d’la peur
Dès que des danseurs pleins de convictions comme en mission
Pratiquent leurs arts sans conditions
S’en battent les couilles des « qu’en dira-t-on ? »
Ça en dit long sur la mentalité d’avant
C’est flagrant comme les valeurs se perdent maintenant, c’est navrant
Ce n’est que le commencement
Manon d’: Vous avez entendu ?…
Charlotte : J’ai pleuré en écoutant de la musique…
Guillaume : Le sport ça fait évacuer le stress…
Fanny : En tant que joueuse professionnelle, je veux dénoncer cette pression sportive que l’on nous inflige lorsque l’on n’est pas à la hauteur des attentes de nos supporters, du public…
Maude : C’est quoi tout ça ? Pourquoi ça existe ça ? ….
Olivier : Le premier conseil : Laissez vos relations toxiques derrière vous…
Charlotte : …J’ai pardonné…
Manon d’ : … on aurait cru …
Sarah : Toc Toc Toc…
Guillaume : …avec le Bmx je suis dans ma bulle…
Fanny : …nous sommes des êtres humains, on ne peut pas toujours être au top de notre forme et réaliser des scores incroyables…
Je me souviens encore de la pression que me mettait mon père lorsque j’étais jeune…
Maude : …pourquoi ça existe ça ?…
Olivier : …Je répète… Laissez vos relations toxiques derrière vous…
Manon d’ : …non je dois avoir mal entendu…
Sarah : …toc toc toc…
Guillaume : … dans ma bulle…
Fanny : …« Qui sera la meilleure aujourd’hui : Vénus ou Serena ? »….
Manon d’ : …Vous avez entendu ?…
Olivier : …Je te le dis : Tu es toi et c’est bien assez…
Sarah : …qu’est-ce que c’est que ce bruit ?…
Fanny : …on ne se rend pas compte de la pression que l’on subit quotidiennement… Rien que sur le physique…
Maude : …pourquoi les gens ils se blessent les uns les autres ?…
Charlotte : …j’ai pardonné des erreurs presque impardonnables…
Maude : …mais pourquoi ?!…
Sarah : …toc toc toc…
Guillaume : … le bmx c’est une clé de mon combat…
Fanny : …Ceux qui critiquent gratuitement sur le physique… c’est quoi votre souci ?…
Manon d’: …Tu dois avoir mal entendu…C’est ce qu’ils m’ont tous dit : Ne t’inquiète pas tu te fais des idées fausses…
Fanny : … C’est quoi ton souci ? Non mais tu t’es regardé avant de parler ?…
Olivier : …Derrière vous…. Je disais derrière vous les relations toxiques…
Charlotte : …j’ai déçu des gens aussi…
Manon d’ : …pourtant c’était la vérité…. j’avais bien entendu !…
Guillaume :… tout est question de mental…
Fanny : …Purée mais qu’est-ce que tu as fait ? Tu as mis ta vie en danger pour être accepté(e) ?!…
Maude : …Pourquoi ?!…
Charlotte :… j’ai agi par impulsion vous me connaissez…
Fanny : …Maigrir, fumer, boire, pour être comme les autres… N’importe quoi !…
Manon d’ : …C’est quand même dingue ! A partir du moment où plus personne ne me voyait telle que j’étais, même moi je me demandais si j’existais….
Olivier :… n’essayez pas d’être quelqu’un d’autre pour plaire à tout le monde parce que plaire à tout le monde au final c’est plaire à n’importe qui….
Sarah : …toc toc toc…
Manon d’ : … c’est donc ça, je ne dois plus exister….
Maude : …pourquoi il reste des gens qui n’ont pas accès à de l’eau, des gens qui meurent de faim, qui n’ont pas de toit ?… Je comprends pas. Je veux pouvoir les aider, mais comment ? Ca me paraît tellement loin tout ça. Alors quoi ? Je laisse passer, et j’écoute en silence ?…
Charlotte : …j’ai téléphoné juste pour entendre une voix…
Sarah : …je suis là, je dors, puis « toc toc toc »… je me réveille, je n’arrive pas à bouger…
Manon d’ :… Mon seul don est de vouloir être différent des autres…
Maude : …j’écoute en silence… viols, meurtres, génocides, attentas, Daesh, dictature, féminicide, vols, tempêtes, inondations, xénophobie, inégalités, sexisme, violences conjugales, homophobie, dictatures….
Charlotte : …j’ai beaucoup ri quand il ne fallait pas…
Sarah : …alors j’essaie, j’essaie….
Guillaume : …je vais mieux…
Maude : …Alors quoi ? J’arrête de m’informer ? Pour essayer d’aller bien ?…
Fanny :… Je vois certains partager des publications contre le Nutella et je sais très bien qu’ils en mangent !…
Manon d’ : …Savez-vous ce qui se passe lorsqu’on croise quelqu’un comme moi dans cette société de merde ?…
Maude :… Je suis juste une ado qu’ils disent ! Une ado qui fait sa crise, avec les hormones en ébullition, et les yeux scotchés sur son smartphone !…
Guillaume :…c’est une question de mental…
Sarah : …j’essaie…j’essaie encore…
Manon d’ : … Vous savez ce qui se passe ?…
Fanny : …Je vois certains qui vont à la marche pour le climat et qui achètent tous les jours une nouvelle bouteille en plastique !…
Charlotte : …j’ai crié et sauté de tant de joies !…
Maude : …Non non ! Je ne suis pas que ça, une ado qui fait sa crise ! J’ai juste besoin qu’on m’explique les choses, pour enfin comprendre ce foutu monde de merde ! …
Sarah : …j’essaie de crier pour que quelqu’un vienne m’aider…
Fanny : …une bouteille en plastique tous les jours !…
Charlotte : …c’est ça qui est vraiment beau…
Maude :… et ça me fout juste la gerbe de savoir que nos futurs enfants auront à vivre dans un ce monde-là!…
Guillaume : … chaque jour où je vais mieux c’est une mini victoire…
Fanny : …moi je bois dans une gourde et je ne le crie pas sur tous les toits !…
Sarah : …mais au moment d’hurler… aucun son ne sort…
Olivier :…je veux vous entendre dire que vous aimez être seul…
Sarah : …rien !…
Dina : Ce n’est…
Manon d’ : …Hé, vous savez ce qui se passe ?!…
Sarah : …tu ne sais pas que tu es en train de rêver….Pour toi tout cela est bien réel et tu veux sortir de ce…
Maude : … Oui oui je suis une ado …
Dina : …que…
Charlotte : … je suis tombé amoureuse d’un sourire…
Maude: …oui…mais je ne sais même pas ce que je suis censé devenir…
Dina : …le commencement…
Mathilde Mosseray & les élèves de Gembloux // Journal de confinement
Mathilde Mosseray nous explique Les billets d’humeur :
Avec les élèves de 6e secondaire Art d’expression de l’Athénée Royal de Gembloux et leur enseignante Pascale Delvigne, nous restons en lien, notamment via un journal tenu quotidiennement sur Facebook.
Lundi 23 mars 2020 – Mathilde
Il est 18h58. Je n’ai toujours pas pris de douche aujourd’hui. J’ai passé toute la journée à travailler, en pyjama. A partir de demain, je me lève plus tôt et j’essaye d’avoir une vie normale. J’écris ces mots que je trouve immédiatement ridicules. Comment pourrais-je trouver ma vie normale quand je sais que je vais m’appliquer une partie de la soirée à me coudre un masque de protection en tissus fleuris. Aujourd’hui, on m’a appelé pour voir si j’étais d’accord de maintenir les répétitions au mois d’avril. Je suis chanceuse cette fois on me demande mon avis. Mais ma tête balance entre risque à prendre et argent à gagner … Demain matin, j’irai travailler dans mon magasin coopératif. Je ne sais pas si j’oserai porter mon masque fleuri. C’est con même en période difficile, on se soucie toujours de ne pas avoir l’air con. On ne veut pas être « le seul qui », « le bizarre ». Cette après-midi, j’ai beaucoup pensé aux élèves. Je me demande vraiment ce qui passe dans leurs têtes à eux. Il est 19h17. Une douche s’impose.
Mardi 24 mars – Maëlle
Voilà encore une journée comme les autres depuis plus d’une semaine. Je me lève vers 9h d’ailleurs tout les jours je me demande à quoi ça sert puisque je fais rien d’important, ensuite je travaille jusque 13 h et puis après le dîner généralement je fais le tour de mon pâté
de maison, mais aujourd’hui j’ai lavé mon chien à la place. Après c’est souper, série et dodo et tous les jours c’est le même schéma.
J’avoue que cette situation me dépasse et me met dans un état d’émotions que je ne peux même pas expliquer, c’est entre l’énervement et l’incompréhension. Ce qui est dur c’est que j’ai l’impression d’être en prison dans ma propre maison ! J’en suis devenue déprimée que ma journée n’ai pas de but mais j’essaye de relativiser et de me dire que ce n’est que provisoire et pourtant ça ne marche pas. Moi qui suis quelqu’un qui a du mal à rester chez moi plus d’un week-end sans rien faire autant dire que la c’est quasi de la tortue. lol.
Je n’arrête pas de pensé à mes amis, l’école et je me demande comment ce serait si j’y étais. Heureusement qu’il y a les séries et internet sinon je ne sais pas comment j’aurais fait, bien que j’y suis beaucoup moins addict que les jeunes de mon âge. Il y a aussi beaucoup de questions qui me trottent dans la tête: est-ce que je vais retourner en cours cette année ? Ou est-ce que ma famille ne sera pas touchée ? Avant que tous ça ne ce passe je me disais vivement les vacances et aujourd’hui je me dis vivement le retour en cours. C’est souvent quand on a plus quelques choses ou qu’on nous interdit quelques choses qu’on le veut, moi je voudrais retourner en cours pour recommencer une vie normale avec un but, pour retrouver mes amis et aussi parce que ça voudra dire que je pourrais recommencer à faire mon sport préféré le SHOPPING. J’espère vraiment que ça va vite passer.
Jeudi 25 mars – Manon
Oups j’ai complètement oublié de le faire hier soir, du coup je vais l’écrire maintenant pour hier. Bon déjà je me suis levé à 11h45 parce qu’au moins la journée passe plus vite et je peux rattraper mes heures de sommeil. Ensuite je me suis préparé, et j’ai dû jouer 1h avec mon frère comme je suis obligée de faire tout les jours parce qu’il s’ennuie. Après c’était les 18 ans d’un ami et puisque on n’a pas vraiment pu le fêter ensemble à cause du confinement, on a fait un appel vidéo tout le reste de la journée et franchement ça m’a fait du bien de tous les revoir.
Et le soir une amie m’a proposé un jeu où elle me donne un film et inversement on le regarde en même temps et on en discute du coup à cause d’elle j’ai regardé le cinquième élément. Et sinon je ne sais pas pourquoi mais j’étais un peu angoissée après du coup je me suis endormie à 1h du matin. J’espère que se sera vite finis et qu’on va vite tous se revoir, prenez soin de vous
Jeudi 26 mars – Mélina
Melina – billet d’humeur 7h55, mon heure parfaite de réveil. (C’est dans ces moments là qu’avoir 7 chats c’est pas si facile que ça…) Même routine pour pas changer : café, chats, flocons d’avoine (j’en peux plus), lave-vaisselle. Mais je suis si soulagée de voir mes parents se lever chaque jour, et je suis même « heureuse » d’entendre ma soeur se lever toujours à midi. Je suis assez perplexe envers ces gens qui disent ‘jour 7 je deviens folle d’être confiné et de rester chez moi’. Oui c’est long, c’est complètement un monde parallèle qui fait peur, mais je pense à tout ces gens qui se lèvent pour sauver nos vies, se lèvent pour sortir NOS poubelles, pour remettrent en rayon et nous nourrir et j’en passe, donc se mettre en danger. Alors je me plains pas, et je suis si reconnaissante de rester chez moi même pour ranger ma chambre. Je pense sans arrêt à ma famille en Italie et ça m’angoisse, donc je me trouve des choses à faire. J’ai trouvé ma nouvelle passion: faire des machines à laver. Mais j’ai rétréci tout les vêtements au séchoir donc… je fais une pause. Mes amis me manquent mais ils vont tous bien et ça c’est important. Ma soeur aussi qui est assez loin de nous me manque trop. Mais j’espère surtout que ce confinement va faire pousser mes cheveux plus vite. Faut aussi que j’aille faire des courses car le frigo est presque vide, et là sans pommes ça commence à être long. Ahahah De plus, j’ai découvert une série mais trop compliqué à comprendre, alors j’harcèle un ami pour qu’il m’explique. Mais surtout, je stresse pour les cours, trop compliqué sur internet. Mais j’ai de la chance d’être en vie et en bonne santé. Mais aurais-je mon diplôme? Gros point d’interrogation. 2021 sera la bonne. J’ai envie d’écrire un livre. Et merde, le concert d’Harry est reporté à l’année prochaine. Prenez soin de vous ♡
Vendredi 27 mars – Léon
Mes journées n’ont absolument pas changés avec le confinement: comme à chaque fois, je me réveil avec les aboiements des chiens du cartier ou les cris des voisins, entre 10h et midi quand j’ai de la chance. Puis je mets de la musique à fond avec un casque pour être au calme…en quelques sortes. Reste à savoir quoi faire de mon temps libre, je dépense chaques heures de ma journée à regarder les séries nuls que tout le monde aime bien, jouer aux jeux vidéo ou réfléchir à une façon plus sage de tuer le temps. Mais rien n’y fait, toutes mais autres idées me font chier. Du moment qu’on me fout la paix et qu’on me laisse seul, je suis content, mais c’est pas prêt d’arriver avec mon entourage. Au moins, maintenant j’ai une excuse pour ne pas aller voir la famille. À part ça rien n’a changé.
Samedi 28 mars – Audrey
je viens de rentrer d’avoir été courir avec mon chien, aujourd’hui un voisin m’a fait une remarque pour me dire que je pouvais pas sortir de chez moi, que c’était à cause d’inconscient comme moi que les gens mourraient j’ai pas pu m’empêcher de lui dire que j’avais tout à fait le droit de sortir de chez moi pour dépenser mon chien et qu’il ferait bien de sortir de chez lui pour être un peu moins aigris! il croit que mon chien il en a quelque chose à faire du confinement. Je dois faire mes devoirs et ranger la maison, je suis de mauvaise humeur. Maman continue de travailler à la maison et papa travaille plus je sais même pas comment on s’est pas encore entretuer. Au début j’étais contente du confinement c’est bête et sûrement égoïste parce que c’est pas pour rien qu’on est confiné mais plus de réveil, rester en pyjama toute la journée le rêve! Mais finalement je me rends compte que j’ai envie de sortir de voir des gens, de m’amuser mais je me dis que c’est pour notre sécurité à tous. Je me dis que j’ai rien d’intéressant à raconter aussi et que ça risque d’être chiant à lire mais j’ai jamais eu un talent pour écrire et puis toute façon ça doit pas forcément être beau.
Dimanche 29 mars – Pascale
C’est étrange… D’un côté, il y a la nature qui reprend vie, les arbres en fleurs, les oiseaux qui chantent, le soleil qui réchauffe – un peu moins aujourd’hui – … et de l’autre, il y a cette menace qui plane sur nous, notre famille, nos amis et qui fait peur… Que faire ? Sombrer dans cette peur ? J’essaye que non même si parfois c’est difficile avec toutes ces infos qui nous sont martelées. Alors, J’essaye de m’ancrer dans le présent et les tâches quotidiennes : travailler pour l’école – et ce n’est pas cela qui manque car j’ai plein de travaux à corriger qui me parviennent et je félicite mes élèves de les faire malgré tout- tenir la maison propre, faire la cuisine, m’occuper de ma maman … J’essaye de m’accorder aussi des moments de respiration : faire une balade dans la campagne avec ma chienne, elle m’apporte beaucoup de réconfort car elle, elle n’est pas tracassée par le coronavirus, écouter une musique apaisante, faire quelques exercices de yoga, lire, regarder un film ou une émission qui fait voyager en esprit – puisqu’on ne peut plus autrement – , prendre des nouvelles des personnes qui me sont chères… Et puis je repense à Camus, mon auteur préféré, à cette phrase de La Peste qu’on a vu récemment au théâtre : « ce qu’on apprend au milieu des fléaux, c’est qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer qu’à mépriser » Je me dis que c’est vrai car, malgré l’égoïsme de certains qui dévalisent les magasins ou qui ne respectent pas les mesures de précaution, i l y a tant d’autres personnes qui se donnent corps et âme pour aider les autres. Et puis Camus dans d’autres textes nous dit aussi qu’il faut lutter contre l’Absurde – et il nous frappe de plein fouet pour le moment avec la mort de toutes ces personnes des plus âgées aux plus jeunes- en s’efforçant de vivre en étant solidaires avec les autres mais aussi en profitant des petits plaisirs de la vie ( et même si certains nous sont interdits pour le moment, il en reste beaucoup d’autres tout simples ) . J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir parlé de Camus : déformation professionnelle certes mais c’est un auteur qui m’inspire beaucoup. Bisous à tous
Lundi 30 mars – Arnaud
Cela fait bizarre de ne pas avoir cours à cette période de l’année. Mes amis me manquent, parfois je bois une bière avec certain en appel – video, ça fait du bien. D’un autre côté j’aime bien être seul donc ça va je supporte ça plutôt facilement (même si je suis malade ahah ) Moi qui aime bouger, le fait de rester au même endroit tout le temps me torture un peu , des pensées sombre et des mauvais souvenir me traverse l’esprit assez souvent. Mais je relativise et j’essaye de me bouger, je commence plein de choses mais je n’en termine pas beaucoup ( je parle pas forcément des cours haha). Heureusement que j’ai de bon amis qui me font rire et qui me divertissent. Bref j’espère que le confinement et toute cette histoire finiront le plus vite possible pour que je puisse récupérer ma vie.
Billet d’humeur – Leslie
Aujourd’hui est une journée comme les autres. Je me lève vers 9h, je déjeune en étudiant le code de la route après je fais ma toilette. Après ceci je travaille pour l’école jusqu’à ce que je mange pour midi. Après avoir mangé, je regarde un film ensuite comme il fait beau en ce moment je vais dehors jouer avec mon chien, je prends l’air. Après avoir goûter un jour sur deux je fais du sport soit dehors si il fait beau ou soit de la muscu dans ma chambre quand il fait pas beau. C’est à peine si j’ai le temps de prendre ma douche que on dîne et après toute la soirée je regarde une série avec ma sœur.
C’est peut-être bizarre mais je trouve que je vis bien le confinement, j’arrive à m’occuper facilement en fessant des puzzles, jouer à la switch, faire beaucoup de sport, faire le ménage… . Mais combien de temps je vais tenir comme ça ? Ça me manque de voir mes amis, ma famille. Je prends souvent des nouvelles d’eux pour savoir si ça va. Le soir quand mon père met le journal après le dîner je met mes écouteurs car j’en ai marre d’entendre le mot coronavirus et de voir cette situation car tout ceci est en train de gâcher tout les événements qui étaient prévus comme aller voir ma grand-mère dans le sud de la France (j’aurais du prendre l’avion samedi) , le cabaret de mon académie, mon voyage retho… . Mais je me dis qu’il y a bien pire que tous mes projets annulés, je me dis surtout que j’ai de la chance que personne ne soit touché pas ce virus dans ma famille, mes amis ou même moi.
Je vous dis à bientôt les amis et faites attention à vous
Caroline Six // L'instant
Elle ne devait pas avoir plus de sept ans. Si quelqu’un l’avait croisée ce jour-là, il se serait demandé ce qu’elle faisait là, marchant d’un pas hésitant, toute seule, sans parents ni famille à ses côtés. Mais elle n’avait croisé personne. Elle avait marché toute la journée et elle n’avait croisé personne. Le monde semblait dépeuplé. Le silence, impérial, donnait le vertige. Les battements de son cœur résonnaient dans le vide. Elle était seule, désespérément seule. Et elle marchait, toujours, comme si c’était le mouvement qui la maintenait en vie. Un grondement lointain lui fit soudain relever la tête. Les nuages étaient nombreux, l’atmosphère lourde, l’orage imminent. La fillette devait trouver un abri. Rapidement. Elle accéléra le pas. Les premières gouttes s’écrasèrent lourdement sur le sol. Le silence pesant d’il y a quelques minutes fit place au bourdonnement des gouttes martelant le sol. Et ce bourdonnement s’annonçait comme les prémisses d’une macabre symphonie, comme le chant suppliant d’un monde en train de mourir. La fillette, elle, ne faisait aucun bruit. Avec les pantoufles qu’elle avait aux pieds, elle semblait vouloir se faufiler au travers de ce triste décor sans se faire remarquer. Comme pour ne pas se laisser happer…
Elle arriva aux abords de la ville. La pluie s’intensifia, elle se mit à courir. Soudain, dans un sursaut, elle releva la tête, un éclair zébra son visage et l’illumina vivement une fraction de seconde : elle savait maintenant où aller. Elle emprunta la route qui longeait le canal puis prit le sentier derrière l’église. Ses pas, sa cadence, son regard droit, tout en elle paraissait maintenant déterminé. Quelques minutes plus tard, elle arrêta sa course et se posta devant une grande bâtisse grisâtre et sans charme. Satisfaite, elle la contempla un court instant puis se dirigea vers l’arrière du bâtiment. Elle se trouva bientôt face à une porte rouge. A hauteur des yeux, une petite plaque de métal portant l’inscription « petit théâtre de l’instant » était dévissée. Depuis combien de temps cet endroit avait-il été laissé à l’abandon ? Probablement depuis que le monde avait cessé de tourner dans le bon sens. Elle pénétra dans les lieux. Elle n’avait jamais foulé le sol de cet endroit et pourtant, il lui était familier. Elle en avait rêvé pendant des nuits et des nuits et puis ses rêves avaient fini par l’y conduire. Pourquoi ? Comment ? Peu importe, elle était là. Juste pour vivre l’instant. Et elle avait rêvé de tant de belles choses…
Elle s’avança pas à pas dans un long couloir. Très vite, l’émerveillement fit place à une profonde déconvenue. Où était passés la magie, les rires, l’audace, le souffle, les mots, les gestes, la grâce, ces rêves si doux ? L’endroit était sombre, poussiéreux et sale. La jeune fille progressa néanmoins le long du couloir. Elle tendait les bras devant elle. Ses yeux avaient bien du mal à s’habituer à cette obscurité. Pourtant, elle la connaissait l’obscurité. C’était son quotidien, ce qu’elle ingérait à chaque repas, ce qu’elle voyait, ce qu’elle entendait, ce qu’elle ressentait. A tout moment. Mais ici, l’obscurité était plus intrigante, comme une promesse au bout du parcours… Le couloir conduisait au petit théâtre. Elle le savait. « Le petit théâtre de l’instant ». Ses pantoufles trempées émettaient un bruit spongieux qui résonnaient dans tout le couloir. En d’autres circonstances, ça l’aurait faire rire.
Elle arriva bientôt à l’entrée de la salle, tout en haut des gradins dont la silhouette se devinait dans l’obscurité. Malgré la pénombre ambiante, elle constata, hébétée, l’étendue du désastre : l’endroit était jonché de détritus en tout genre. Des canettes, des bouteilles ébréchées, des papiers d’emballage trainaient partout. La fillette crut même reconnaitre ce qui devait être un vieux lange souillé dans un recoin de la pièce. Elle porta une main à sa bouche, dégoûtée. Mais cela n’était pas tout. C’était mal connaître l’Homme. L’homme dans toute sa splendeur. Il ne lui avait pas suffi de souiller l’endroit, il avait aussi fallu le saccager. Totalement. Les tissus rouges qui recouvraient les sièges avaient été arrachés par endroit, certains sièges étaient détachés de leur socle et les rideaux entourant la scène étaient presque totalement déchirés. C’était une pagaille invraisemblable. Et puis, il y avait cette odeur âcre, des relents sûrs, à la limite de l’insupportable, et dont il ne valait probablement mieux pas connaître l’origine. En vérité, on avait piétiné, massacré, pourri cet endroit jusqu’à ce qu’il expire, jusqu’à ce qu’il perde son âme. Totalement. Mais comment diable avait-elle pu croire une seule seconde que tout ce qu’elle avait vu en rêve se serait présenté dans la réalité, dans cette réalité-ci. Le réel, tel qu’elle le connaissait, depuis maintenant un nombre incalculable de jours était morne, froid et sans vie. Le monde, elle le savait, avait vacillé, s’était lamentablement écroulé, et rien ni personne n’avait essayé de le relever. La magie, les rires, l’audace, le souffle, les mots, les gestes et la grâce, c’était de l’histoire ancienne.
Abattue, elle s’avança néanmoins dans la salle et s’assit sur un des sièges rouges au dossier matelassé. Ici, c’était le tissu des accoudoirs qui avaient été déchiré par endroit. Elle plissa les yeux. Sur le dos du dossier du siège devant elle, elle remarqua des griffes. Partout. Comme si un animal avait vu, sous les traits de ce fauteuil de spectacle, les contours d’une proie à attaquer. Serait-ce encore l’œuvre de l’homme ? Qui sait… La fillette posa alors son regard sur une petite plaque dorée fixée au dossier. Elle avait probablement indiqué autrefois le numéro du siège mais ce dernier était totalement effacé. La jeune fille sourit. Elle y vit là un curieux symbole. Cette petite plaque dorée, parmi toutes ces griffes, on aurait dit un joyau en plein cœur d’une tourmente meurtrière, on aurait dit une lumière, une petite flamme… Elle se figea. On aurait dit … Un petit bout de femme ? La fillette vit alors le reflet de son visage sur la plaque. Elle distinguait les contours de son visage sans trop de peine, malgré la noirceur des lieux. Dans ce coin de la salle, il fit tout à coup plus clair. Comme un jour qui se lève, timidement. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas vue, elle, telle qu’elle était. Alors, elle se dévisagea. Ses grands yeux cernés, ses lèvres minces et fendillées, son visage creusé, la pâleur de sa peau… Elle avait vieilli. Elle n’avait pas sept ans et elle avait vieilli. Toutes ces choses qu’elle avait vécues, ces comportements d’hommes vides dont elle avait été témoin avaient marqué son visage. Alors, impuissante, elle avait encaissé et elle avait vieilli.
La pénombre sembla se dissiper encore davantage et elle s’observa à nouveau. La luminosité nouvelle conférait maintenant à son visage une autre dimension. La fillette fut alors fascinée par la profondeur de son regard mais aussi surprise par cet air mutin et frondeur qu’elle ne soupçonnait pas en elle. Son visage était plus rayonnant qu’il y a quelques instants encore. Plus lumineux. On aurait dit un joyau en plein cœur d’une tourmente meurtrière, on aurait dit une lumière, une petite flamme, un petit bout de femme. Et cette vision lui donna une force nouvelle. Elle l’a sentie naitre au fond de son ventre et elle irradia jusque dans son cœur.
Un craquement lui fit lever les yeux. La pénombre l’enveloppa à nouveau, plus profonde. L’instant avait été de courte durée. A moins que… Elle entendit à nouveau un bruit sourd provenant de la scène, et puis un souffle. Troublée, la fillette se leva. L’inquiétude se lisait maintenant sur son visage. Elle regrettait. Peut-être n’aurait pas dû entrer ? Avait-elle eu raison de se fier à son intuition, à cette soudaine impulsion ? A ses rêves ? Il était clair que d’autres, avant elle, avaient eu l’idée de venir s’abriter ici. Et ces autres, étaient peut-être toujours là, prêts à défendre leur territoire ? Telles étaient devenues les lois qui gouvernaient le monde. Animales. Elle le savait. Cette angoisse soudaine, comme un rappel à l’ordre, l’a fit trembler des pieds à la tête. Elle reprit brutalement conscience de son état. Elle était trempée, des pieds à la tête. Des mèches de cheveux blonds collaient à son front et l’eau ruisselait le long de son cou. Le froid la saisit, l’envahit. Toute entière. Elle se raidit.
Il fallait qu’elle bouge, qu’elle parte, qu’elle court. Le mouvement. Pour rester en vie. Elle se faufila à travers la rangée de siège. Quand elle eut atteint l’allée centrale, elle s’arrêta. Net. Elle avait entendu un rire. Un rire étouffé qui l’arrêta dans son mouvement. Ce rire était celui d’un enfant. Tendre. Sucré. Il se fit à nouveau entendre, plus clair, plus distinct, plus éklatant. Les épaules de la fillette se relâchèrent quelque peu. L’angoisse se tarit et son visage se tourna vers la scène, toujours plongée dans le noir. Y avait-il là un enfant qui l’épiait à son insu ? Sa peur disparut peu à peu pour laisser place à la curiosité, plus tenace. C’est alors que la jeune fille se rappela qu’elle avait, au fond de sa poche, une petite boite d’allumettes. Elle la sortit de sa poche, gratta une allumette et décida d’aller inspecter les abords de la scène. Mais en réalité, la petite flamme était si faible qu’elle ne suffisait même pas à éclairer la marche suivante. Comment avait-elle pu croire que cette petite lumière de rien du tout allait pouvoir éclairer la scène ?
Elle s’avança malgré tout. La curiosité, trop forte, balayait tous les autres sentiments. Le froid et l’angoisse, à cet instant, n’existait plus. Elle progressa, allumette à la main. Et au fil de ses pas, le halo de lumière, pourtant si fragile au départ, s’élargit peu à peu, enveloppant bientôt l’enfant d’un cercle lumineux. Elle s’arrêta, fixa le maigre bout de bois au bout de ses doigts. Le halo de lumière s’élargit, encore et encore, sous les yeux ébahis de la petite fille. La lumière était en train de dévorer lentement l’espace, le nimbant de reflets dorés et scintillants. Tout à coup, un claquement sec se fit entendre. Les spots, au-dessus de la scène, s’allumèrent et la lumière jaillit.
La jeune fille n’en croyait pas ses yeux : là, sur le plateau, des dizaines d’enfants au tee-shirt coloré dansaient sur des rythmes africains. Les corps tressautaient sous les impulsions données par les tam-tams. Les regards, sans cesse, se cherchaient. Fil invisible de connexion. L’harmonie et la synchronisation des gestes étaient parfaite. Il n’y avait pas de retenue, aucun relâchement. L’osmose était totale, le rendu, magnifique. Mais brutalement, le noir revint et le silence reprit sa place. L’allumette était consumée.
La fillette, encore sous le charme du moment, s’empara nerveusement, d’une deuxième allumette, et la craqua d’un geste sec et rapide. Très vite, la petite flamme reprit ses droits et conquis la salle toute entière. Les spots, apportant cette fois une lumière bleutée éclairait maintenant un jeune garçon. Il chantait d’une voix douce mais assurée, goûtant et savourant chaque mot qui sortait de sa bouche. « La lune est grande, le ciel clair. Et plein d’astres, la terre est blême. Et l’âme du monde est dans l’air. Je rêve à l’étoile suprême. » Son regard se tourna alors vers les coulisses et appela un autre regard qui appela un autre regard. Et tous ces regards appelèrent d’autres regards encore. Subjuguée par la beauté de l’instant, la fillette sursauta quand, à nouveau, l’allumette s’éteignit.
Rageuse, elle extirpa une nouvelle allumette de la boite. C’était la dernière. Elle émit alors une plainte sourde et gutturale qui résonna dans toute la salle, comme le rugissement d’une bête. Elle ne voulait pas que ça s’arrête ! Pas tout de suite ! Pas si vite ! La vie ne pouvait quand même pas être devenue aussi cruelle ? N’avait-elle pas déjà eu son lot de malheurs dans sa courte vie ? Comme elle aimait regarder ces enfants ! Des enfants, comme elle. Des enfants qui s’amusaient, sans retenue, qui s’exprimaient, qui osaient, qui vivaient… A cet instant et plus que jamais, elle voulut être cette jeune fille dont elle avait vu le reflet, ce joyau en plein cœur de la tourmente, cette lumière, cette flamme, ce petit bout de femme. Elle gratta alors sa dernière allumette plus déterminée que jamais. Un éclair flamboyant traversa son regard. Elle arborait cet air mutin et frondeur qi lui allait si bien. La lumière inonda, à nouveau, la salle. On entendit le claquement sec suivi du grésillement des spots.
Cette fois, la jeune fille avança vers la scène. Le mouvement. Rester en vie. Elle savait où elle allait. Ses pas, sa cadence, son regard droit ne trahissait pas sa détermination. Arrivée aux abords de la scène, elle marqua une légère hésitation. Elle sentit alors une main se poser sur son épaule. Un homme, sans âge, la regardait. Affectueusement. Dans ses yeux, elle lisait toute la confiance qu’il lui portait. Elle le connaissait, mais elle ne savait d’où. Qui était-il ? Peu importait, elle était là. Juste pour vivre l’instant. Et elle avait rêvé de tant de belles choses…
Dans les coulisses, la fillette aperçut tous ces regards posés sur elle. Elle se sentit merveilleusement bien et la chaleur de ces regards irradia jusque dans son cœur. L’homme lui souffla alors à l’oreille : « C’est à toi, Juliette. »
Et elle vécut l’instant.
(inspiré du conte « La petite fille aux allumettes de Hans Christian Andersen)
Morgane Prohaczka // Une artiste en confinement
Un jour après l’autre
Nouveau regard sur le monde qui nous entoure
Etourdie par ces bouleversements
Artiste en pause, en réflexion, en reconversion provisoire, en remises en questions …
Réflexions sur ‘Pourquoi cette crise ? Quel sens lui donner? Comment grandir grâce à elle ? ‘
Touchée par tous les élans de solidarité, les Mercis et Messages de soutiens en tous genres…
Indignée par certains comportements égoïstes, les profiteurs de crise, la mauvaise gestion de l’Etat
Spectacle en latence … pour bonification ? … ou désintégration ?
Trouver moult activités créatives, constructives, ludiques, bénéfiques pour enfants en confinement
Engagement citoyen : couture de masques de protection pour les travailleurs en première ligne
Enseignante pluridisciplinaire pour ados de douze ans
Nature qui reprend ses droits … que c’est beau …
Colis alimentaires pour un collectif de sans-papiers : courses, ramassages, livraison
Ô , Enfants de mes ateliers, je pense à vous … Quand nous reverrons-nous ? …
Noyée par le quotidien d’une famille nombreuse en confinement …
Fatiguée après cinq bonnes semaines à ce rythme-là…
Imaginer le Monde de Demain … Quelle direction prendrons-nous après la crise ?
Nourrie par le soleil … Hmmm quelle chance !!!
Emotivité accrue
Masques de protection: La part du colibri : moi:160, mon réseau :1200, La Wallonie : Combien ?
Espérer que tout ceci nous aidera à rendre Demain meilleur qu’ Aujourd’hui …
Ne jamais perdre Espoir …
Télétravail pour une artiste de lien et de terrain … Quel sens ça a ? Vivement les Retrouvailles
Morgane Prohaczka qui a bien du mal à trouver quel lien maintenir avec les enfants de ses ateliers d’avant crise , Comment ? Eux, dans quoi sont-ils ? Que vivent-ils ? …
Nous avons chacun bien des choses différentes à vivre …
Monia Montali // Traces de son atelier
Voici donc quelques traces de notre parcours avec les élèves de 3éme au College Da Vinci ((option art) à Perwez en collaboration avec l’enseignante Françoise Deleu.

Au départ: un tableau de Bruegel l’Ancien «Jeux d’enfants» et un extrait de texte d’Edgar Morin depuis le livre ‘Sur l’esthétique’. Ce texte touche à l’adolescence, âge de la quête des vérités mais aussi au rôle de l’art dans une société du profit.
Le tableau est devenu vivant dans une temporalité qui prenait l’allure de la suspension et de la non gravité. Et le livre, des fragments de réflexions des élèves qui tentaient de devenir un texte à partager lors des Rencontres. Leur mots en les reprenant aujourd’hui me résonnent terriblement interpellants.
Les mots des adolescents
Flavie: On dirait qu’il y a moins de désordre dans la nature que dans l’humanité.
Faustine: C’est la surprise, l’étonnement qui nous oblige à évoluer.
Maxine: Nous grandissons par rapport à ce que nous avons appris et subi.
Camille: Ce que je suis crie plus fort que ce que je dis
Elise: L’inaccessible attire mais l’inconnu fait peur
Caroline: Pourquoi s’ouvrir alors qu’ils vont nous trahir ?
Faustine: Ce n’est pas seulement notre ignorance, c’est notre connaissance qui nous aveugle.
Camille: Nous pouvons croitre ensemble par la beauté
Maé: Nos vérités sont les poésies du partage
Alanna: Apprécier l’esthétique ensemble c’est grandir
Aurore: Le partage nous permet de ressentir des émotions de manière pleine et profonde.
Ambre: Soyez entourés et vous serez plus que comblés
Hugo: L’esthétique est propre à chaque personne et à son âge
Celine: Voici ce qui est pour moi l’esthétique: un partage émotionnel de la beauté
Noémie: Et puis, l’amour…l’amour c’est le comble entre la raison et la folie
Extrait depuis ‘Sur l’esthétique ‘ d’Edgar Morin, ed. Robert Laffont, 2016
«La période la plus propice aux vertus cognitives de l’esthétique et des arts est l’adolescence. C’est a cet age d’aspirations, de recherches, de révoltes, entre le cocon de l’enfance et l’intégration dans le monde adulte, que fermentent les aspirations a une vie autre qu’adultérée.
C’est la recherche d’une autre vie plus libre et plus communautaire a la fois, ou l’on pourrait se réaliser individuellement en même temps que s’intégrer dans une fraternité. C’est l’âge de la quête des vérités. (…)»
« L’être humain se nourrit de pain, mais aussi de poésie. Or il a un besoin accru de poésie de vie dans une civilisation de calcul, de profit, de compartimentations, d’anonymat.
Une très grande jouissance est dans le partage : jouir ensemble d’un beau concert, d’une belle oeuvre. La solitude peut affaiblir la qualité esthétique de l’émotion.
Pourquoi a-t-on plus de plaisir a voir un beau film dans une salle de cinema plutôt que de le voir en solitude à la télévision ? C’est parce qu’il y a communion: on rit ensemble, on pleure ensemble, on est ému ensemble. Le partage est une des grandes conditions de la plénitude et de la jouissance esthétique, comme de la vie poétique. (…)
Alors nous retrouvons le grand problème : comment satisfaire le besoin accru de poétisation de la vie dans une société où dominent de plus en plus le calcul, la compartimentation, le profit, l’anonymisation ?
Nous sommes dans une époque qui permet des très grandes compréhensions et ou s’accroissent de très grandes incompréhensions. La compréhension nécessite une conscience qui reconnaisse l’unité/diversité humaine, une conscience nourrie par une philosophie humaniste régénérée, et qui a aussi besoin d’expérience poétique, laquelle comprend et intègre l’expérience esthétique»
Caroline Husson / Textes d'improvisations
Textes issues d’improvisations avec quelques consignes de jeux
Classe de 2e primaire d’Elisabeth Di Vincenzo de l’Ecole de Besonrieux
Le papier plié
Ils flânent, chantent observent, pensent, s’arrêtent et scrutent au loin.
L’un trouve quelque chose, un papier plié, les autres n’ont rien vu.
Puis un 2eme a vu et va vers celui qui a trouvé le papier.
Il lui pique le papier et le 1er le reprend, puis ensemble ils essaient de le lire par bribes.
Dialogue à 2 ou 3.
– Il était une fois…
– une grenouille… (intrigués)
– « Il était une fois » c’est comme une histoire ?
– La forme de la feuille on dirait un animal.
– Y’a pas de grande lettre, y’a pas de point.
– Il n’y a pas de début et il n’y a pas de fin.
– Il faut chercher les autres morceaux de l’histoire (excitation)
Chacun cherche à sa manière, l’un joue avec les feuilles et se les met dans les cheveux ou fait un bouquet, l’autre est méticuleux et observe, un troisième cherche avec de grands gestes.
Ils s’arrêtent tous et regardent à nouveau le papier.
– Sinon nous on peut inventer une fin.
– Ou on devrait mieux chercher.
Ils se remettent à chercher avec plus de frénésie, puis ne trouvant rien ils s’arrêtent.
– C’est forcément le début d’une histoire, d’un livre.
– Ou alors c’est le titre d’une histoire.
– Le papier a la forme d’une flèche, pour nous dire ou on doit aller.
– Par là, ou par là ou par là (ils orientent la feuille dans plusieurs directions et font un constat)
– C’est n’importe ou dans l’univers.
(Ils reprennent le papier et relisent)
– Ce n’est pas une grenouille, c’est une Gratouille.
– C’est quoi ça une gratouille ?
– Pour se gratter le dos ?
– Du gras qu’on touille.
– Une fille qui s’appelle gratouille.
– Ou un petit chat ?
– Peut être des poux parce que ça gratte.
– Ou quelqu’un qui gratte quelqu’un d’autre.
– Une personne qui gratte tout le monde.
– Un hérisson.
La Rencontre
2 personnes entrent sur l’espace de jeu, chacun trouve un espace tranquille et se pose pour penser, rêver.
2 autres entrent et essaient d’établir un contact avec un des deux précédemment entrés.
Sans paroles.
T et R
T est assis en tailleur, la tête dans la main, l’ air tranquille et rêveur.
R se poste devant lui, le regard fixé sur T et ne bouge pas, il semble attendre une réaction de T.
T affirme sa posture et son désir d’être tranquille, il sourit seulement mais ne bouge pas plus.
R change de place avec chaque fois qu’il s’arrête une fermeté dans sa posture, il attend vraiment un regard ou que T vienne avec lui peut être ?
T regarde enfin R et le nargue avec un sourire plus affirmé.
R lui donne avec son corps l’ordre de partir, il lui indique une direction.
T ne sourit plus, il rit et va jusqu’à avoir un fou rire. Il semble considérer R comme quelqu’un de drôle avec ses ordres.
R s’énerve de plus en plus.
alors que T est paisible et joyeux..
mais R se sent obligé de partir car rien ne marche.
L et A
L est tranquille assise la tête entre les main le regard dans le vague.
A essaie d’attirer son attention, il essaie de croiser son regard, il est parfois lointain puis soudain très proche d’elle, ou il imite sa posture.
L est d’abord indifférente, puis le fuit toujours, puis finit par essayer de le chasser.
A veut rester.
L n’arrive pas à s’en défaire, elle s’énerve, et finit par être épuisée.
A peut la consoler.
Qu’est ce que c’est ?
Se demandent- ils en observant des feuilles, du bois des pierres et des tissus installés sur le plateau.
– Ce tas de feuilles, moi ça me donne envie de sauter dedans.
– Moi, de nager..
– Qu’est ce qu’on va faire ?
– On va faire comme si c’était un arbre.
– On va utiliser l’arbre comme porte manteau pour des vêtements .
– Et on disposera des pierres autour .
– Peut être est-ce un arbre en feu ?
– On va compter 100 feuilles.
– On va faire un projet.
Le tas de feuille
Elle a un grand désir d’aller vers ces feuilles. Elle se lève de sa place va vers le tas. Elle prend le temps de les observer de loin. Puis elle s’approche doucement et tranquillement elle ramasse quelques feuilles et les jette en l’air. Elle le fait plusieurs fois, chaque fois elle sent et observe cette retombée de feuilles sur son corps. Puis elle le recommence de plus en plus vite avec un plus grand nombre de feuilles. Elle va jusqu’à mettre des coups de pieds dans ce tas, jusqu’à la colère qui sort.
Le tas de pierres
Il entre seul et s’applique à empiler des pierres en équilibre. Il prend son temps. Il est très concentré. On est avec lui, on l’accompagne dans cette tension. Puis fier de sa sculpture il sort.
Un autre jeu
Elle entre et démolit directement cette belle construction sans le moindre scrupule ( le public réagit forcement, déçu que le monticule si minutieusement confectionné soit cassé si vite) elle réfléchit puis rassemblent des feuilles y fait un creux ou le jeu serait de lancer des cailloux dedans.
Le Bouquet
Un enfant entre et choisi de faire un bouquet de feuilles,
un autre arrive et le surprend
– Qu’est ce que tu fais ?
– ( il – elle semble gêné.e) j’ai fait un bouquet.
– Tu es content.e ?
– Oui
– Tu vas en faire quoi ?
– Je veux l’offrir à (Il .elle dit un nom … )
L’ autre est déçu car ce n’est pas son nom.
Celui qui a été appelé entre et reçoit le bouquet.L’autre recommence la même série de questions. La scène se reproduit à nouveau. Un troisième arrive. L’autre est abattu. Le Troisième ne veut pas l’offrir et le jette derrière lui et le bouquet se défait.
Puis la scène est envahi, un élan de groupe amène de nombreuses personnes sur le plateau, elles ont le désir de faire des bouquets.C’est une frénésie de bouquets de feuilles mortes.
Un groupe resté sur le coté se trouve interloqué par l’action des autres,
– Que se passe t -il ?
– Que doit-on faire ?
(En bleu c’est une partie dialoguée ajoutée par moi avec des paroles de pièces tragiques grecques que je voulais travailler avec eux.)
Elles se mettent en avant scène ensemble et l’une devient leader « la reine. »
La Reine :
– Mais que faites vous malheureux ?
– Remettez cela en place.
– Le Totem est détruit.
Les faiseurs de bouquets viennent lui offrir tous leurs bouquets gentiment d’abord puis lui lancent mais toujours comme une offrande en lui disant leurs mots gentils, ils l’honorent de manière exagérées.
Le groupe vient lui offrir des bouquets de feuilles avec ces paroles :
– Ma chère Reine, je te salue.
– Voici des offrandes Madame.
– Tu te révèles enfin à nous.
– Oh mains chéries.
– Oh jambes chéries
– Quelle joie à la vue de votre visage.
– Vous paraissez enfin à nos yeux.
– Il faut profiter de la chance de ce jour.
– C’est inoui Madame.
– C’est la joie qui me fait pleurer.
– Oh jour béni.
– Je bois vos paroles.
Les servantes s’affairent pour débarrasser la reine de toutes ces feuilles. La Reine est prise de panique et s’exaspère de plus en plus de ces offrandes, puis manque de s’évanouir. Elle est toute chamboulée.
La Reine :
– Que dois -je dire ?
– Que dois- je faire ?
– La foule s’empare de mon royaume.
– Ou es-tu soleil étincelant ?
Les servantes qui l’accompagnent :
– Chut ! Calmez -vous madame.
– Ne criez plus.
– Suivez les conseils de votre père.
La Reine :
– Oh mon père il a promis de revenir mais il ne revient pas.
Les Servantes :
– Oui la clameur s’acharne sur notre royaume.
– Mais nous sommes là près de vous.
– Nous vous protégeons.
– En attendant le retour de votre père
La Reine :
– Partez et laissez moi en paix.
Les Servantes :
– Non, ne restez pas seule.
– Il est temps de rentrer.
La Reine :
– Oui emmenez- moi, je me meurs.
Théo Hick / Zombidémie
Proposition d’un élève de 1re secondaire dans le cadre d’un atelier avec Caroline Six (enseignante) et Gaëtan d’Agostino (artiste). Consigne : partir de l’un des deux thèmes suivants et trouver un support original pour en parler : « Aujourd’hui, l’atelier n’aura pas lieu » // « Traces de notre scénario : zombidémie »
C’est enfin l’été ! Tous les enfants se réjouissent, ils vont enfin partir au camp scout où ils retrouveront tous leurs amis.
Les quatre garçons : Guillaume, Théo, Luca et Luka, vaquent à leurs occupations et décident de jouer à cache-cache dans tout le camp scout.
Malheureusement, Théo à la mauvaise idée d’emmener Guillaume et Luca dans la tente des chefs.
Arthur, le moniteur, qui les a vus rentrer dans celle-ci, les obligent à faire la vaisselle comme punition le soir.
Après le souper, les quatre garçons font la vaisselle dans la cuisine. Mais au lieu de tirer la tête, ils commencent à jouer avec une éponge dans la cuisine, puis PAF !
Luca vient de renverser la fiole qui était sur le plan de travail. Celle-ci éclate en mille morceaux sur le carrelage et laisse échapper une substance visqueuse sur le sol.
Que cache ce liquide verdâtre ?
Que contient il ?
Est-il dangereux ?
Mathilde Mosseray & les élèves de Gembloux // Micro-fictions confinées
Ces micro-fictions confinées sont réalisées par les élèves de 6e secondaire Art d’expression de l’Athénée Royal de Gembloux et leur enseignante Pascale Delvigne, en atelier avec Mathilde Mosseray.
Mona Kahlo, belle comme Frida de Mathilde
Bientôt on ne trouverait plus dans les magasins que les produits de première nécessité.
Bientôt les rasoirs, les bandes de cires et les épilateurs électriques auraient disparus des magasins et puis des maisons.
Bientôt les dernières pinces à épiler seraient trop usées du poil de plusieurs générations de femmes.
Bientôt les corps seraient laissés en jachère, livrés à eux même.
Mona contemplait sa vieille pince rouillée de savon et de gel hydro-alcoolique. Il faisait chaud cet été là. Et dans les rues, plus personnes ne parvenaient à cacher les poils et les cheveux qui avaient envahis les corps, tels des tiges de lierres qui s’enroulent autour d’un tronc.
Mona découvrait, comme tout le monde, la vivacité surprenante du poil. Elle passait sa journée à sa fenêtre à constater la joyeuse diversité de pilosité de ses concitoyens. Elle trouvait fantastique de voir que sur les têtes, les chevelures se développaient tantôt vers le bas, tantôt vers le haut, tantôt à l’horizontal. De dos les longues crinières qui épousaient la chute des reins, ne permettaient plus de distinguer les hommes, des femmes. Sur son corps, Mona voyait se déployer de douces couronnes de poils autour de ses mamelons qui bientôt couvriraient tout son torse. Elle assistait à ce spectacle dans une timide euphorie. Car cet été là, il valait mieux se plaindre et regretter le temps d’avant. Le temps où les femmes gardaient leur honneur en teignant leur chevelure blanche jusque 67 ans minimum et le temps où les hommes gardaient leur prestige en dissimulant leurs tonsures par un coup de tondeuse électrique.
Mona jubilait secrètement de la moustache et du mono-sourcil qui se déployait sur son visage, lui donnant sur sa peau bronzée des airs de Frida Kahlo. Elle savait qu’il faudrait attendre, encore attendre, que les adultes s’habituent, avant d’oser dire haut et fort à quel point elle se trouvait jolie.
Maya de Maëlle
Maya à 23 ans, elle sauve nos vies chaque jour depuis qu’elle a quitté la haute école.
Elle a tout de suite été baignée dans ce chaos que nous vivons, c’est horrible. Elle ne pensait pas que sa première année de soins serait aussi difficile et épuisante.
Elle n’en peut plus mais il faut qu’elle tienne pour nous tous.
Quand elle rentre chez elle après des heures et des heures de travail, elle mange, regarde le journal et va directement se coucher tellement elle est fatigué. Ce n’est pas une vie pour elle de faire ça jour après jour et sans arrêt, c’est un cauchemar.
Elle commence vraiment à déprimer de toute cette situation surtout quand elle voit toutes ses personnes qui lui volent son bus le matin pour qu’ils puissent allés se promener.
J’ai toujours rêvé d’être actrice d’Audrey
J’ai toujours rêvé d’être actrice, être acclamée par des inconnues qui disent m’aimer sans réellement me connaître. J’ai toujours voulu avoir mon nom en haut de l’affiche. Alors c’est tout naturellement qu’à l’âge de 18 ans je suis partie faire mes preuves à Hollywood, la ville du cinéma. C’était plus dire que prévu, j’ai cru que arrivé là bas j’allais avoir un oscar mais ça c’est pas passé comme prévu, de casting en casting, de refus en refus j’ai perdu espoir alors j’ai décidé de rentrer en Belgique. Mais avant j’avais un dernier casting, la dernière chance et j’ai été prise, le rêve. Le tournage a commencé et je suis devenue une grande star, j’étais appelée pour jouer dans les films de Steven Spielberg, Tim Burton, James Cameron. Tout le monde parlait de moi, j’en étais fière j’étais la nouvelle Meryl Streep comme disait les magazines. J’avais enfin réussi à devenir quelqu’un. Il faut toujours croire en ses rêves.
Becky Burger de Manon
Aujourd’hui Becky se réveilla vers 7h, elle n’avait presque pas dormi de la nuit tellement elle était existée. Il faut savoir qu’aujourd’hui, Becky va à son premier casting !
C’était juste pour une petite pub, mais c’était un rêve de pouvoir passer à la télé !!
Fin bref, arrivé là bas il y avait beaucoup de concurrence, il y avait des plus garnis, des plus grands, des plus craquants aussi, mais elle y croyait, elle savait qu’elle pouvait faire la différence.
2h plus tard, après un petit shooting photo et un debrief entre les réalisateurs, on lui révéla qu’elle était prise à une seule condition, qu’on modifie son nom pour que se soit plus accrochant, se qu’elle accepta sur le champ. 3 jours plus tard, était vue pour la première fois dans la pub du quick sous le nom de Bicky et était l’hamburger le plus heureux du monde. The end.
Renaissance de Pascale
Voilà, l’épidémie est derrière nous, pensait Victoria. Après presqu’un an de confinement, de privations de fêtes, de vacances, de sorties entre amis, elle pensait qu’elle allait comme beaucoup de gens essayer de rattraper le temps perdu. Mais avait-ce vraiment été du temps perdu ? C’est vrai qu’elle avait dû mettre entre parenthèse sa carrière de journaliste de mode puisqu’il n’y avait plus ni défilé ni création. Mais non, cela ne lui manquait pas – en tout cas plus maintenant – Elle avait pris conscience que ce monde était fort superficiel et qu’elle avait besoin d’autre chose. Vivre au ralenti, se passer du superflu avait eu un effet révélateur pour elle. Certes, cela avait été aussi une période angoissante et dramatique : sa grand-mère qu’elle adorait n’avait pas résisté au virus. Elle avait failli sombrer mais chaque fois qu’elle se laissait envahir par sa douleur, elle voyait le regard implorant de sa chienne qui avait l’air de la supplier … et elle avait tenu. Alors maintenant, elle ne voulait plus passer sa vie à courir après le temps, le succès, elle voulait vivre simplement et continuer à écrire, mais plus des articles sur la mode, des histoires de vies.
Un jeune garçon condamné de Léon
La prison accueillait un nouveau condamné, un jeune garçon tout tremblant fit son apparition dans les couloirs d’acier en compagnie du »cerbère », nom donné au gardien pour sa vigilance et son odeur de chien mouillé. Ils s’arrêtèrent tous deux face aux grilles de la cellule 115. Après y avoir balancé le garçon, le gardien jeta son regard sur un coin sombre de la pièce et dit d’une voix sèche: « dans trois jours ». La voix forte qui résonna par la suite rappelait celle d’un ours, c’est ainsi que je me rendis compte de l’existence de cet homme, qui répondait au gardien d’un simple »très bien ». Deux jours avaient passés et l’homme n’avait pas bougé d’un poile, le jeune garçon, aussi intrigué que moi, demanda à son codétenu : « comment pouvez-vous rester aussi calme face à votre exécution ». Ce dernier fit apparaître à la lumière une moitié de visage ridé et grisonnant et fit à nouveau résonner sa voix : « la mort fait partie d’la vie gamin, et craindre une telle chose revient à craindre la vie elle-même » Il marqua une pose et poursuivi : « tu accord trop d’importance à ton existence » L’homme rejoignit le bourreau au troisième jour et le jeune garçon passa ses dernières semaines dans un silence de mort.
Lettre aux humains de Leslie
J’ai été créé il y a des milliards d’années. Au début j’étais inhabitée, le calme plat je me sentais très seule car même à cette époque ma petite sœur n’était pas encore née. Du coup pour me sentir moins seule j’ai créé la vie. Il y a d’abord eu les dinosaures. Des gentilles créatures, on cohabitait bien. Mais un jour une menace est apparue pour mes dinosaure, j’ai essayé de les protéger comme j’ai pu mais j’ai perdu le combat et ils sont tous morts et moi fortement blessés émotionnellement et physiquement, cet astéroïde m’a fait un trou dans la peau, j’en garderai la cicatrice route ma vie. Il m’a fallu quelques millions d’années pour m’en remettre mais j’ai réussi à me relever et j’ai créé une nouvelle espèce d’être vivant, l’homme. Au début il était innocent et seule, mais après une centaine d’années il s’est multiplié. Ils sont partout sur moi mais ne font pas de mal alors je les laisses tranquilles. Je les aime bien moi les hommes mais plus ils évoluent et plus ils me font de mal avec la pollution de mon air, de mes eaux et encore. Je vois bien que ils s’en foutent, plus les années avancent et plus j’ai mal. J’essaie de me défendre comme je peux avec des catastrophes naturelles, des épidémies,…que je provoque mais ils sont bien trop nombreux, j’ai perdu le contrôle. Je n’ai pas eu le choix d’appeler mon ami Covid 19, Coronavirus pour les intimes. Ça me brise le cœur de faire ça mais je souffre trop. Mais depuis que Coronavirus est la je me sens mieux mais je sais que c’est temporaire, au moins ça m’aura fait une pause. Je connais les hommes et je sais qu’après tout ça ils vont recommencer car ils ne retirent pas les leçons. Je ne sais pas combien de temps je vais encore tenir mais je vous préviens les hommes, un jour je vais devoir faire quelque que je vais regretter. Je vous demande déjà pardon d’avance. Signé Terre.
Ellya de Acélya
Elly a toujours rêvé d’avoir un chien. Les années passent, Elly grandi, aujourd’hui c’est son anniversaire. Elly fête ces 18 ans. Son rêve depuis petite est d’avoir un chien, son animal préféré, un petit compagnon. Mais malheureusement ces parents ne veulent pas de chien à la maison. Ces parents disent que sa fait plein de crasse et que c’est chère à entretenir. Elly ne baisse toujours pas les bras même après autant d’année, elle veut un chien. La journée commence, elle se rend à l’école comme tout les jours, tout le monde lui souhaite son anniversaire. Elle passe une bonne journée, ensuite elle rentre chez elle. Arrivé dans sa chambre elle voit une boîte en carton et se jette dessus elle pensait que c’était le chien qu’elle a toujours rêvé avoir. Elle ouvre le carton mais ce n’est pas ce qu’elle pense… Elle est déçue mais ne le montre pas. Il est 18h et toujours pas de chien en vue, Elly est triste… Son père pars pendant 30 min et reviens avec un gros carton cette fois. Elly le voit pars la fenêtre de sa chambre et descend à toute vitesse. Son père pose le carton et d’un coup une petite tête sort du carton ! Elly saute de Joie, un petit husky aux yeux bleus océan. Elle est la plus heureuse du monde et sert fort son petit Taïro dans ces bras. Son rêve s’est réaliséaujourd’hui.
Frayeurs nocturnes de Mélina
Vendredi 23h54, il est temps de dormir. Je prends le temps de me démaquiller, de brosser mes cheveux et de fermer 3 fois toutes les portes à clé. Une mauvaise habitude qui me rassure. Je ferme également tous les volets, allume la lampe de la hotte et prends soin de voir si mes parents dorment. Ma sœur est chez son copain ce soir, je claque la porte de sa chambre et sa fenêtre. Il est 00h09 quand je m’allonge enfin dans mon lit, une petite lampe allumée qui reflète des étoiles sur mon plafond, et évidemment, ma porte de chambre fermée à double tour. Je commence à m’endormir avec ma playlist de relation, en bruit de fond.
ll doit être 00h36 quand je me réveille en sursaut, je coupe ma musique. Je ne me sens pas très rassurée, presque en danger. Je me redresse et fait aucun bruit. Je crois entendre quelqu’un entrain de jouer avec la serrure de ma porte d’entrée. Mon sang se glace et monte dans ma tête, et je ne respire plus. Instinctivement j’ouvre mon tiroir et prends quelque chose qui pourrait me protéger. Mon rasoir? Ah, je pense à Perrie, ma meilleure amie. Elle a les clés, et elle s’est sans doute disputée avec son copain toxique, donc je lui envoie un message… sans réponse. Je me dis que je vais aller chercher mon père, mais il est hors de questions de sortir de ma chambre. Mais si on cambriole la maison? Je dois faire quoi moi? J’arrive plus à réfléchir. 00h50, je n’entends plus rien. J’ai soif. Je ne suis pas bien dans ma tête je sais, mais je décide de descendre vérifier que tout va bien. Mon chat surtout. J’ouvre ma porte doucement, et cours chez mes parents. Ils ne sont plus dans leur lit. Je flippe. Je cours vers les escaliers et allume toutes les lampes. Je descends en courant, tourne doucement ma tête et… je vois tout mes amis dans le salon, parents y compris, étonnés de me voir, bizarrement. « aaah surprise, joyeux anniversaire!!!!!! » Ah oui, on est samedi en fait. Merde. Sincèrement, j’aurais préféré qu’on soit tous en confinement pour qu’ils arrêtent de me faire des frayeurs comme ça.
Coralie Vanderlinden // Lettre à l'attention des jeunes de l'EMAP
Chers jeunes de l’EMAP, Chère Célestine, Chère Isaline, Chère Annaelle, Chère Maëlle, Chère Sarah, Chère Océane, Chère Phibie, Chère Vicky, Cher Julien, Cher Chris, Cher Esteban, Cher Lucas, Cher Bastien,
Alors que nous travaillions à laisser s’exprimer nos corps,
Alors que nous travaillions a ce que nos corps
nous mettent en confiance et mettent en confiance les autres.
Alors que nous travaillions a ce que nos corps
découvrent ses limites, les déplacent, les ouvrent, les reconnaissent,
Alors que nous jouions à délaisser notre cerveau pour laisser place au ressenti,
Voilà qu’on nous a coupé notre travail…
Si je n’ai pas l’autorisation de vous revoir en cette fin d’année… Je peux raviver les souvenirs.
C’est important pour moi, et peut-être pour vous, de sentir que ce que nous avons traversé en 3 ateliers, c’était déjà beaucoup ! Reste –t-il quelques traces dans vos souvenirs ou dans votre corps ou dans votre cœur ? En tout cas il en reste chez moi… j’aime à vous les partager.
Rappelons-nous, c’était le temps ou nous pouvions offrir notre dos pour qu’un autre corps s’y dépose. Offrir une épaule, un ventre, une hanche. Etre un support pour l’autre ou s’y laisser déposer. Nous étions dans un élan, un élan vers nos émotions, notre corps, nos sensations… Tout cela, nous l’avons sans doute tous et toutes un peu abandonné depuis plus de 2 mois… La société aujourd’hui nous oblige à rester loin l’un de l’autre. A s’écarter. Ne pas se toucher, ne pas se sentir, ne pas se serrer.
Nous avions commencé des exercices plus théâtraux, inventer des débuts d’histoire, parler tous ensemble, se faire entendre, rebondir sur une idée de l’autre sans casser son idée. Mais j’ai vite vu que, au delà des mots, vous aviez envie de bouger ! Et puis votre chère enseignante, Madame Sylvie, m’a dit un jour : « Ils parlent assez dans les autres cours ! Cherchons à leur donner la possibilité de s’exprimer par le corps ! ». Et elle avait bien raison ! C’était une opportunité pour nous. Et justement tellement lié à mon travail de comédienne puisque tous les spectacles dans ma compagnie puisent leur base dans les sensations corporelles.
Alors, nous avons créé des duos absurdes avec des débuts de mouvements (s’arrêter- s’abaisser- ramasser quelque chose- se retourner), nous avons vu apparaître de l’émotion ou du rire même. Puis nous avons utilisé ces duos pour créer un début d’enchainement, un début de chorégraphie collective. Nos 2 lignes se croisaient, se tendaient la main, se déséquilibraient, tombaient, etc..
Vous étiez concentrés, impliqués. Les tensions vers l’avant, vers l’arrière que nous travaillions, vous centraient dans vos ressentis. Je constatais oui, que cela vous procurait plaisir et curiosité.
Nous avons alors fermé les yeux. Et guidé l’autre par la pression de la main sur le dos, puis tous le corps est devenu le guide. Les mouvements s’amplifiaient, des danses commençaient, la musique nous berçait.
Rappelez vous aussi de la sensation de votre corps sur le sol. Je vous avais demandé d’y déposer tout votre poids. De fermer les yeux, de détendre vos bras, vos épaules, vos muscles, votre mâchoire, vos yeux.


Puis, je vous ai invité à vous déplacer sur le sol et rejoindre le centre de l’espace avec le moins d’effort possible, juste en roulant doucement comme un petit animal. Sur le chemin, vous aviez rencontré d’autres jambes, bras, corps, pieds… Il vous était possible de rouler sur ces « obstacles », ou de vous arrêter. Tout dépendait de votre ressenti.
Aussi l’exercice du « tas », tous collés le plus près possible, vous formiez un triangle.
Il y avait un.e meneur.euse. Vous avez marché sur le même rythme, puis les pas s’agrandissaient, la vitesse augmentait. Vous tourniez dans une énergie commune, vous glissiez comme sur une patinoire, l’harmonie du groupe ! La pointe du triangle vous obligeant un rythme, à une vitesse, à une direction. Il vous était possible alors de retenir votre meneur.euse en lui offrant votre poids du corps. Le ou la retenir par une tension inverse. Non pas contraindre, attraper, mettre au sol (comme s’est arrivé une fois et c’était dommageable voire dangereux) mais doucement offrir son poids du corps, pour que la marche ralentisse. Se rajouter au poids du corps d’un.e autre, lui offrir un appui, un lien, une main, un dos. Finalement la chaine devenait immobile, chacun y a trouvé sa place, tant pour faire contrepoids, que pour soulager une jambe difficilement au sol, ou un autre corps nécessitant de l’aide pour que l’équilibre se fasse spontanément..

J’ai vu dans cet exercice vos visages s’ouvrir. J’ai vu votre groupe se faire confiance. J’ai vu une collaboration entre vous. J’ai vu vos regards bienveillants et soucieux d’apporter une solution à cette « chaîne ».
J’ai même entendu vos voix sortir quand la vitesse et la marche du groupe étaient a l’unisson.
A la fin de nos ateliers je vous sentais apaisés, détendus, en confiance. On faisait un tour de parole, écouter, échanger sur nos sensations, ce qui était chouette, moins chouette, confortable, inconfortable, sur vos envies, vos ressentis.
Et aujourd’hui via ce courrier, je vous invite à placer dans votre mémoire corporelle les sensations qui vous plaisaient. Les forces que vous avez ressenties, vos regards qui s’ouvraient… Ces petites expériences que nous avons vécues ensembles peuvent vous inciter à les poursuivre.
Je vous souhaite le meilleur dans cette période bien étrange, et que le toucher revienne vite dans vos vies !
Je vous remercie de la confiance que vous m’avez accordée durant ces 3 ateliers !
Bonne vie à tou.te.s !
Coralie.
Stéphanie Mangez & les élèves de Genappe // L'âge d'or
L’ÂGE D’OR
Inspiré par le poème de Carl Norac. Adapté par la classe confinée de Madame Marie, école St Jean de Genappe, dans le cadre de l’atelier d’écriture EKLA mené par Stéphanie Mangez/ Mai 2020.
Plus tard, je serai
Vétérinaire pour jolies tortues
Chanteuse maladroite
Cuisinier des iles
Enseignant pour libellules souriantes
Mécanicien de chèvres
Médecin pour kangourous de plage
Pompier-chef de la brigade des éléphants attachants
Vendeuse de dauphins maladroits
Footballeur de nuages
Pompier colérique du ciel
Archéologue de l’espace
L’AGE D’OR
De Carl Norac
Plus tard je serai
Blanchisseur de nuages ou berger d’oiseaux
Peut-être compteur de gouttes d’eau
Arbitre pour combat d’escargots
Garde du corps pour papillon
Acupuncteur pour hérissons
Clown pour passants fatigués
Imprimeur pour sans-papiers
Décorateur de coccinelles
Empêcheur de tomber du ciel.
Puis, j’inventerai la machine à ne rien faire
Qui se tendra en hamac depuis la terre
Vers un point très lointain du vaste univers.
Alors, on m’élira comme la plus lente
Et la plus douce étoile filante
Respirant le grand air des galaxies,
A cheval sur l’Ours, sur la queue de Castor,
Employé des affaires privées de l’infini,
Je connaitrai enfin l’âge d’or.
Agnès Guignard / Traces de l'atelier de Coutisse
Photos d’une séance d’atelier au Centre culturel d’Andenne – Janvier 2020 (cliquer sur les photos pour les agrandir)
3e/4e primaire de l’École communale de Coutisse (Andenne 1) / Classe d’Annick Deleuze / © Patrick M













Nathalie de Pierpont / Lettres à Rose
Carnet de bord destiné aux enfants de 3e maternelle de l’école communale de Taviers et de l’école Sacré Coeur/Saint Géry d’Ecaussines.
Au milieu de jeux et réflexions poétiques autour du Dedans/Dehors apparaît Rose, mon amie qui est coupée du Dehors depuis plus de 2 mois…




Ornella Venica & les élèves de Bonne Nouvelle / Bulles de trottoir
Atelier à distance d’Ornella Venica avec Cristelle Halleux et les élèves de l’École maternelle Bonne Nouvelle de Liège.
Texte d’Angélique Demoitié / Photos de Jessica Amico
Laura, Kelia, Davina, Lucas, Erika, Anas, Joé
Le petit frère ou la grande sœur,
En pyjama ou en robe de fête,
Ont dessiné à la craie une bulle sur le trottoir, ont reconnu les musiques, ont juste regardé, ont dansé joyeusement ou ont suivi un mouvement…
Avec Ornella et Cristelle.
Ils ont tous dévoré des yeux leur institutrice.
Ils ont eu l’élan de la serrer très fort…
Ils ont reconnu Ornella.
Ils se souvenaient de leurs danses.
Ils étaient tous présents.
Parfois avec Papa. Souvent avec Maman. Les grands dans l’ente-porte ou à la fenêtre.
De mon poste d’observation, j’ai aussi croisé les regards des voisins. Ils ont applaudi, ils sont sortis pour certains et même un a dansé !
Ils ont parlé aussi.
Enfermement et liberté.
Si ça doit durer ou recommencer… les bulles auront leur place sur le trottoir !
Jess a pris ces photos. Avec une belle discrétion.</p





























Chère Ornella et chèrs élèves de Dampremy, Voici quelques images d’un parcours que nous avons fait ensemble entre les peintures de Paul Klee et des tissus et chapeaux au milieu de votre classe, un parcours souvent dansé sur une musique rebondissante, des danses d’Igor Stravinsky… Vous avez inventé une langue des signes, dessiné des masques, écrit des devinettes, imaginer des personnages, le début d’un petit théâtre que je ne suis pas prête d’oublier! Quelle belle écoute! Que de beaux moments partagés! Quelle inspiration et joie vous m’apportez! Merci à tous et beau printemps dans vos maisons! Barbara
Chloé Despax / La Farandole des Animaux
Proposition aux enfants de l’école de Lessines pour finaliser l’atelier et leur dire au revoir.
Atelier Art à l’École à l’Athénée Royal René Magritte de Lessines.
Cher/es tous/tes, voici quelques traces de notre parcours avec les élèves de 3éme au College Da Vinci ((option art) à Perwez en collaboration avec l’enseignante Françoise Deleu.
Retrouvez toute l’explication dans la partie « texte » ci-dessous.
Barbara Rufin / Musique en famille
de la Famille Delvax/Rufin
« le chat, le soleil…et Guilllaume de Machaut ,
avec Sakîna, Jérôme, Melchior et Barbara
« mon premier est une comptine , « le chat et le soleil », rapportée de l’école par ma fille, Sakîna, avant le confinement,
mon deuxième est un air de Guillaume de Machaut sur lequel Sakîna a mis en musique la comptine,
mon troisième est un enregistrement en famille avec voix , tambours , chachas et tambourin, sous l’oreille attentive du petit frère, Melchior.
mon tout est une question :
« et si après la crise nous redevenions des troubadours ? »
Élèves de Caroline Six / Atelier avec Gaëtan d'Agostino
Propositions d’élèves de 1re secondaire dans le cadre d’un atelier avec Caroline Six (enseignante) et Gaëtan d’Agostino (artiste). Consigne : partir de l’un des deux thèmes suivants et trouver un support original pour en parler : « Aujourd’hui, l’atelier n’aura pas lieu » // « Traces de notre scénario : zombidémie »
PS : cliquer sur l’image d’Eglantine pour découvrir tout son résumé !

Philomène / L'atelier n'aura pas lieu
Aujourd’hui l’atelier n’aura pas lieu.
Le projet ékla, ça fonctionne de la même manière que l’Univers ; des étoiles meurent pour laisser la place à des nouvelles et ainsi de suite. A ce jour, le projet est suspendu mais c’est important de voir le positif malgré tout ; d’autres élèves pourront y participer l’année prochaine !
Pour nous, c’est autre chose qui nous attend : nous sommes confinés. Mais c’est important car si le confinement permet que le virus se propage moins vite et fasse moins de morts, alors il faut rester chez soi un maximum !
Malgré la suspension du projet, nous avons participé à quelques ateliers et nous avons donc eu l’occasion de faire la connaissance avec Gaëtan. Cela nous a permis aussi de créer des liens plus solides entre nous. Le projet a été bénéfique pour l’ensemble des élèves, pour mieux s’entendre, s’entraider et plein d’autres choses positives pour l’ensemble de la classe. Bien sûr, nous sommes tous tristes, mais on peut s’estimer heureux d’avoir eu la chance de pouvoir y participer même un peu ! Personnellement, les exercices au cours de ces rencontres m’ont permis de me concentrer plus facilement, de me mettre dans la peau d’un personnage autre que moi-même, de développer ma créativité, et d’autres choses qui m’aident et m’aideront plus tard à mieux m’exprimer devant un public.
En conclusion, merci, à vous, Madame Six, qui avez permis la réalisation de cette merveilleuse aventure, à la Maison de la Culture d’Arlon qui a eu la gentillesse de bien vouloir nous accueillir, à Valérie, et à Gaëtan ! Je recommande à tout le monde de participer à ce projet qui restera dans ma mémoire et dans mon cœur !
Philomène de Gantès


Barbara Rufin / Petit poème pour parent et enfant au balcon
Ce poème est inspiré d’une expérience de fabrication de bombes à graines avec mes enfants pendant ce drôle de printemps.
Confiné entre la fin des travaux d’un voisin et les applaudissements du 20H, le son est aussi un témoin de notre apprentissage à composer avec ici et maintenant…
Morgane Prohazcka / Une musique vécue ensemble : Won't Be Tamed de Wolfman


Extrait banc d’essai (février 2020) « Un petit air de Chelm » de MicMac Théâtre, avec Nathalie de Pierpont et Stéphane Groyne. Pour les classes de 3e maternelle de Myriam Parmentier et Myriam Ingerelst.
Réponse de Caroline Husson à Naomie
Tu pourras partager avec ceux de ta classe quand tu y retournes et si vous avez envie avec Mme Elisabeth vous pouvez vous enregistrer à plusieurs, pour dire ce poème et me l’envoyer.
J’espère que tu vas bien, moi je travaille de chez moi, j’écris des poèmes, je jardine aussi, je lis et je prépare des projets.
Je t’embrasse et espère avoir la possibilité de venir vous dire au revoir avant les vacances d’été.
Un Bouquet
ça biquette, ça bécote
ça peut donner les chocottes
Si t’as pas froid aux yeux
Et que dans ton élan
Tu veux l’offrir coûte que coûte
Alors chevauches ta monture
Et prends la route
Vas t’assurer
Les yeux dans les yeux
Avec ton offrande
Que cette personne
A laquelle tu penses
Saura recevoir
L’oeil frétillant de bonheur
Ce bouquet de pétales et boutons
Que tu as su délicatement assembler
Atelier d’écriture créé par l’autrice Stéphanie Mangez pour les classes de 5e primaire de l’école Saint-Jean de Genappe, dans le cadre du projet Art à l’école, en lien avec Madame Marie et Cécile du Centre culturel de Genappe. Atelier accessible à tous à partir de 10 ans.
Stéphanie Mangez / Chez toi
CHEZ TOI
C’est d’abord un son, adressés à tous les Eklassiens, petits et grands, adultes et enfants. Pour le plaisir de l’écoute.
Mais peut-être, qui sait, que certains d’entre vous auront envie de s’emparer d’une des questions et d’y répondre, par un dessin ou un texte ou une planche de BD, ou une poésie, ou une construction en kapla ou en lego, ou une maison fabriquée dans une boîte à chaussures, ou… ?
Si c’est le cas, tu pourrais peut-être envoyer une photo de ta création à ékla, pour qu’on crée une galerie ?
CHEZ TOI
En écriture
Voici une proposition.
Si tu rebaptisais chacune des pièces de ta maison ? en leur donnant un prénom ? une couleur ?
Si tu personnifiais les pièces, en leur donnant une émotion ou une qualité qu’on attribue généralement à un être humain ou du moins un être vivant ? (par exemple, le salon qui rêvait de silence, le garage fier d’être devenu le centre du monde, l’escalier trouillard, …)
CHEZ TOI
Est inspiré par un exercice proposé par Laurence Vielle lors d’une formation ékla il y a quelques années. (A l’époque, j’avais travaillé sur le terme Mobile/immobile)
Belle écoute.
Stéphanie.


Deux ‘dessins’ exprimants des mouvements …
Un d’une danse vécue ensemble …
L’autre chacun de la classe en confinement … comment rester en lien? …
Olivia Cassereau / Messages aux enfants
Durant ce confinement, il y a l’intérieur et l’extérieur, notre maison et le dehors. Je vous propose donc de travailler sur une fenêtre qui est le lien entre les deux.
Je vous invite donc créer une Histoire de fenêtre sur le thème que vous avez envie de partager.
Je vous partage trois exemples d’Histoires de fenêtres que j’ai réalisé chez moi.
Vous utilisez bien sûr des matériaux de récupération comme du carton, du papier, ce que vous avez à la maison etc… A la nuit tombée ou même grâce au soleil nous profitons des histoires à l’intérieur comme à l’extérieur. Je vous propose alors de m’envoyer une photo de votre Histoire de fenêtre que je partagerai avec votre institutrice Madame Sara et Madame Bernadette du Centre Culturel qui nous accompagne dans ce projet artistique Ekla.
Nous trouverons le moyen d’échanger par la suite sur ce que chacun ressent par rapport aux histoires des camarades.
Amusez-vous, prenez le temps de silhouetter, n’hésitez pas à voir grand, remémorez vous du travail d’ombres fait en salle de gym, prenez du plaisir avant tout…
Sebastian Dicenaire / Procès Corona

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